08.01.2010

Ne pas regarder en arrière !

L'an dernier, à la même date exactement, je tombai la tête la première sur le pavé. Drôle de façon de démarrer l'année, dans la camionnette des pompiers avec quatre dents branlantes et la lèvre éclatée.

En 2010, ma résolution principale est de marcher en regardant devant moi. Je vais aussi tenter de passer plus de temps sur ce blog qui a encore du mal à trouver sa "ligne éditoriale"... Et son public. En regardans les statistiques, je m'aperçois avec surprise que 30 visiteurs se sont rendus sur ces pages depuis début janvier... Qui êtes-vous, mystérieux inconnu(e)s et  quels méandres avez-vous empruntés pour vous rendre jusqu'ici ?

N'hésitez pas à me faire part de vos commentaires...

En attendant, je vous souhaite une belle année 2010 !

16:42 Écrit par Laura D. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nouvel an

23.12.2009

Duras, voyeuse, voyante, visionnaire

Chapitre IV  : Duras voit.

Photo  D. Bamberger

Duras Bamberger.jpg

Dominique Noguez nous explique que « voir » est un des verbes de la langue française les plus employés par Duras et que regarder est pour Duras le premier des sens qu'elle sollicite.

 Comment oublier les premiers mots du premier livre que j'ai lu de Duras.

 

"- Tu n'as rien vu à Hiroshima. Rien.

 

- J'ai tout vu, Tout."

Questions

Qu'est-ce qu'on peut voir ?

Qu'est ce qu'on ne peut pas voir ?

Qu'est ce qu'on ne voit pas ?

Qu'est-ce qu'on n'a pas vu ?

Qu'est-ce qu'on ne voit toujours pas ?

Qu'est-ce qu'on ne verra jamais ?

 

Pour Noguez, Duras est à la fois « voyeuse, voyante et visionnaire ». (p. 91)

Noguez commence par analyser le voyeurisme de Duras à travers l'exemple du « Ravissement de Lol V. Stein ».

« Si Lol observe les amants, ce n'est pas vraiment pour voir. Comme dit Lacan qui analyse la scène, en réalité Lol ne voit rien », explique Noguez.... Pour lui « la vue est ici une façon d'y être sans y être, un substitut infime, presque inexistant, de l'existence. C'est une façon de jouir de sa propre défaite, de passer la main, de se retirer en restant tout de même un peu : en devenant fantasmatiquement le couple qui nous trompe et nous évince. Et en s'assumant comme tiers exclu. »

 

 

 

19:31 Écrit par Laura D. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : duras, lolv. stein, noguez

"Duras, toujours"

Dans la longue liste de suggestions de romans proposés par sa professeur de français, ma fille de 15 ans a choisi "L'amant" de Duras... D'emblée, l'objet livre l'a emballée. La couverture des éditions de Minuit, sa sobriété, les lettres bleues "L'amant" sur fond blanc.... Ce qui l'a attirée aussi j'imagine, c'est que l'auteur avait à peu près son âge lorsqu'elle s'est laissée séduire par son amant chinois, sur le bac du Mékong.

L'amant.jpgQuand il s'est agi de faire son commentaire de texte, elle était un peu moins enthousiaste si bien que je me suis replongée dans la prose de Marguerite pour lui donner un petit coup de main.

J'ai retrouvé le bonheur de la lire, ses mots icebergs qui nous emmènent si loin dans leurs évocations, le rythme envoûtant de ses phrases... La dureté des relations aussi, avec sa mère, son frère.

Quand ce livre est sorti, je me rappelle une certaine déception. J'avais lu « Un barrage contre le Pacifique » et je trouvais « L'amant » superficiel en comparaison. Commercial. Je me disais, elle n'a rien à raconter, alors elle reprend la même histoire. Vingt ans après, je comprends qu'elle se devait d'explorer les fondements de ce récit. L'amant, c'est d'abord le récit d'un passage.

Duras à redécouvrir, donc.

Pour entrer par une autre porte dans son univers, je me plonge dans le livre que Dominique Noguez a publié en septembre 2009 chez Acte Sud, "Duras, toujours".

Duras.jpgJ'ai lu tout son bouquin sans réaliser que Dominique est un homme. Dominique a fréquenté Marguerite « la papesse » de la littérature du XXème siècle pendant dix ans avant qu'elle ne coupe brutalement les ponts comme elle l'a fait avec beaucoup d'autres apparemment. Noguez en conçoit une petite amertume qui affleure donc ici et là dans son récit de même qu'un agacement face à la tendance de Duras à s'auto pasticher. Malgré tout, c'est l'admiration qui l'emporte.

 

Le livre est divisé en huit petits chapitres. Je me suis particulièrement attardée sur le IV, le V et le VI.